Lettres à Divakar jusqu'à 2005
... J’ai pu voir aussi quelques tableaux de peintres flamands que j’aime ; mais ce qui me restera ce sont ces Maisons de Dieu. J’ai voulu qu’on aille à Ostende ! La mer haute, grise et opaque ; pas de plage donc, une digue et plein de gens dessus, des hôtels criards, des haut-parleurs, alors on a fait demi-tour… J’aime aussi dans la ville de Bruges ces belles façades aux pierres souvent ocrées, les hautes fenêtres à petits carreaux… Et qu’est-ce que j’ai pensé à toi ! J’avais je crois besoin de voir quelque chose comme ça, du monde extérieur. Depuis quelques semaines, ou jours je ne sais mais c’est pareil, ce ne sont plus mes effervescences qui bouillonnent en moi, plutôt des passes – on a coutume d’associer à ces passes/passages le qualificatif « difficiles » ; ce n’est cependant pas tout à fait ça, c’est autre chose. Un mélange une fois de plus. Je m’y sens parfois – j’ai appris à le reconnaître très bien – gauche… (tu sais, comme tu m’as vue quelquefois, sinon souvent !), et par ailleurs je suis à l’aise, je pense que tout cela alterne. Peut-être une sorte d’évolution, mais par des chemins qui peuvent être rocailleux. En tout cas, il est vrai qu’avoir vu Bruges m’a appris qu’un regard tourné vers ce côté-là des choses m’était nécessaire, comme pour équilibrer quelque regard intériorisé, mais en quelque sorte à mon insu car je ne pratique aucune … introspection. Enfin tu vois, si je peux dire…, comment tout cela est « bourré » aussi… ! Et à propos d’évolution : je vais encore parler d’âge, mais dans la bonne voie ; je trouve qu’à notre âge, celui de René, le mien, nous avons une grande chance d’évoluer comme nous pouvons le faire, lui à sa manière, moi autrement.
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