Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Bruges. Eh bien, d’abord je suis moulue ! Tant j’ai marché ! Entre 3 et 4 heures samedi, puis autant dimanche. En fait il n’y a qu’un seul canal qui fait le tour de la ville – qui est assez étendue. Je serais bien restée deux jours de plus : un lieu, des lieux pleins d’harmonie et d’une qualité assez rare en fait, le charme. Cela aussi je t’en parlerai, crayon en main pour te dessiner ( !) ce que j’ai vu. Essentiellement, le béguinage, admirable de proportions… Ah, et puis les « Maisons de Dieu » ; il a fallu une photo dans un album et quelques petits points sur une carte mal faite, pour avoir envie de les découvrir. Une vraie découverte en effet, car ces maisons, il faut les deviner, et il faut beaucoup d’obstination : rien dans la rue ne les distingue, juste une inscription au-dessus d’une porte. On ouvre : une ruelle ou un passage, et puis la découverte de ces lieux secrets avec, entre autres, de petits jardins merveilleux. On croit savoir qu’autrefois ils étaient destinés à des pauvres ; à présent ils semblent loués, à qui je ne le sais, cela forme apparemment des sortes de petites communautés. A vrai dire j’ai partagé cette obstination avec l’un de nos deux compagnons, Philippe ; si tu savais ce qu’il a fallu marcher, et sous un grand parapluie ! Une fois découvertes… c’était impossible de penser que ni René ni Ulrich ne les verraient, alors on est retournés à l’hôtel les tirer du lit et on est repartis, après quoi ils nous en ont rendu grâce. (Un béguinage, autrefois – tout cela date du 14 ème siècle – était destiné à des dames seules, une sorte de couvent mais pour des non religieuses ; aujourd’hui par contre il y a des religieuses ; quant aux « Maisons de Dieu » elles sont laïques… !)
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