Lettres à Divakar jusqu'à 2005

… Je garde aussi pour fin août le récit d’une soirée de l’Institut dont le thème était, pour la première fois chez les psychanalystes français, la Shoah. C’était remarquable, émouvant, et modeste. J’ai été très contente ; ça a pour moi rééquilibré quelque chose. Et puis hier soir j’ai vu « la Passion selon Saint Mathieu », le beau film de Pasolini ; mais j’ignorais que, du moins selon Mathieu, le Christ pouvait être plus imprécateur que prophète… !

… Je t’aime st suis avec toi,

Colette.

***

Mardi 5-7-88

Aimé,

Bien reçu ta lettre du 23, juste avant le départ pour Bruges. Alors… je veux pouvoir te dire spontanément : « j’aime pas quand tu as tes périodes de fatigue et de fièvre », sans que cela t’empêche jamais, jamais de me le dire… … Quant à tes mots… condensés sur le temps, je crois que je perçois ce qu’ils contiennent… … Il me semble que la réponse que tu me donnes à propos de mes « effervescences » peut s’appliquer à cette position par rapport au temps, à la fois linéaire et unitaire, à la fois présent et mensonger : une affaire de mental, à la fois nécessaire et faussant, organisateur et réducteur, à la fois dans le réel et hors du Réel, espace lui-même et compartimentage…

667

Made with FlippingBook flipbook maker