Lettres à Divakar jusqu'à 2005
qu’il ne dépasse pas un certain poids, j’imagine que cet équilibre doit être la conséquence d’échanges internes, et non d’une performance « sportive »… Je ne suis pas inquiète, mais ça me touche de lui voir « une petite mine »… Quant à l’autre cardiaque de la « famille », Paul, le voilà hospitalisé depuis avant-hier… après l’apparition de nouveaux troubles… Les « maladies de cœur » ne se réduisent pas en une seule appellation, il y a bien des localisations et des différences dans les symptômes je le sais ; mais je n’imaginais pas cette fragilité, et je n’avais pas ce souvenir, sauf dans les toutes dernières années, en ce qui concernait mon père. En tout cas, hier, j’ai pu convaincre René d’aller au cinéma voir un film qui me tentait depuis longtemps, « le Dernier Empereur » de Bertolucci ; et on a bien fait : quelle beauté, quelle maîtrise !
Mardi, après la lecture de ta lettre du 7
Toi, la table ovale, la bougie, la bière – bien fraîche ! – et ma lettre : rien ne pouvait me faire plus plaisir que ce tableau si présent et familier ! Je peux même y entendre le chant de quelque grillon !
Je savais, je comptais bien sur ta fidèle et sûre compréhension, qui m’éclaire et me fait réfléchir…
Obscurs cheminements de la conscience : imagine qu’il m’a fallu tes remarques pour que l’évidence qui t’est apparue me frappe alors – c’est-à-dire qu’à travers le trouble que j’éprouve au sein de ces deux types de relations il y avait un manque. Je vais sûrement y repenser beaucoup… car la mise en perspective que tu offres à ma vision… m’apprend beaucoup. Et c’est bien vrai que je n’ai pas saisi l’occasion, ni osé sans doute communiquer cet essentiel de moi aujourd’hui.
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