Lettres à Divakar jusqu'à 2005
A vrai dire je suis à cet égard sur la réserve, ce qui m’enseigne sur mes diverses relations : ainsi je m’exprime infiniment mieux et plus librement avec Christiane, ou Aniela, ou Gaby. Mais il y autre chose que je vais dire sans doute maladroitement, alors que je perçois profondément le lien qu’il peut y avoir : assez fréquemment depuis quelque temps des sortes de « flashes » très brefs me traversent qui éclairent soudain le besoin de manifester une autorité, non sur les êtres bien sûr, mais, comme ça, au dehors ; et j’en ai une représentation très nette, comme si j’avançais ou franchissais une limite, comme si je sortais d’un abri que ma réserve à l’égard des gens en général (que certains appellent à tort discrétion, je veux dire que si j’apprécie la discrétion je pense que ce n’est pas là qu’elle se traduit) ne suffit pas du tout à définir. En tout cas, je suis tout à fait convaincue que le meilleur chemin pour résoudre mes deux interrogations c’est en effet de voir le manque qu’elles dévoilent, c’est d’utiliser la bonne et nécessaire distance à moi-même que tes remarques me permettent ; c’est le plus court chemin me semble-t-il pour transformer mes attitudes et transmettre l’autre chose de moi. Quant à … l’âge, j’ai bien ri : car comment t’assurer que je t’entends, ce qui est absolument vrai, puisque apparemment je retombe dans quelque piège insidieux ?! Je crois finalement qu’il me faut justement apprendre à user avec autorité de cette harmonie en moi, qui te doit tant, face à cette usure inéluctable qui surgit parfois et vous trahit. Il ne faut pas accepter ce mot de trahison ; en fait c’est tout un travail, une attention surtout pour ne pas se laisser avoir. Ça bouillonne dans ma tête, suis-je assez claire dans ce que je t’écris ? Tout à fait d’accord avec toi sur les sphères et hommes politiques ; en ce moment c’est plutôt grotesque et indigent.
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