Lettres à Divakar jusqu'à 2005
C’est drôle, rien que d’avoir lu ce mot « trac » dans ta lettre, et aussitôt je me suis ressentie aux prises avec ce sale truc ! Pour le coup, quelle précise mémoire des sens ! Chaque lundi de mon contrôle chez Green il y a des années, chaque lundi du récent groupe de travail, et le jour de mon exposé à Lutetia, j’en ai été métamorphosée ! Et alors, la minute venue (ciel !) je plongeais dans une sorte d’inconscience. En fait, et puisque cela s’est toujours bien passé, était-ce de l’inconscience, ou bien un niveau de conscience qui ne me laissait pas assez de distance et de temps pour l’appréhender dans sa substance ? Je crois que ton « passage à vide » était lié à ces célébrations ; non seulement, et comme tu le dis, en raison de leur aspiration/prétention à ce haut niveau de conscience, mais aussi à cause de ces Joies datées, ces regroupements obligés, qui vous renvoient – du moins est-ce ainsi que j’ai toujours vécu ce genre de choses – à un silence intérieur souvent plus près du mutisme que de la réflexion, ou à cet esprit de contradiction plus près de la rigidité que de la rigueur, j’ai remarqué ça, parce que ces célébrations prévues ne laissent pas place à la liberté. Et puis je crois qu’il y a des gens plus ou moins adaptés aux collectivités, et d’autres qui ne le sont pas. Il me semble que, là, l’histoire personnelle joue un certain rôle ( ?). Avez-vous touché le chèque pour Ravena ? Peut-être arriveras-tu jusqu’au but et au bout : la pose des vitraux, signe et signature de cette Réalisation… ?
Jeudi 10
… Je souhaite ardemment que ce passage ingrat dont tu me parles soit dépassé ; je pense que, pour une part, il est juste de lui appliquer ce que tu me disais à propos de mes détours ou pas en arrière : « arriver à les percevoir autrement et ne
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