Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Aimé,
A propos de cette « mémoire des sens », je pense comme toi que c’est souvent grâce à un décrochage de la conscience d’un présent en quelque sorte automatique, que certaines perceptions peuvent véritablement surgir. Pour moi, lorsqu’il s’agit de ces perceptions globales dont tu parles, et que je ne peux effectivement appliquer à tel ou tel lieu familier, je les ressens alors, non sans un certain trouble, comme un « déjà vu » pourtant insaisissable, et comme flottant dans la mémoire (et voilà que cela me fait penser à ce titre d’un film, tiré d’écrits d’un psychanalyste anglais, « la Mémoire du Futur »…). Pour mon travail : d’abord, je suis sûre que ta question sur le doute que j’aurais de ne pas « tenir un fil central », a agi immédiatement comme un excellent coup de fouet ; depuis, je suis dedans, et cela se développe en moi très intimement, et j’ai commencé vraiment à le rédiger. Par vraiment, j’entends que j’ai commencé à la 1 ère page, au lieu de rédiger quelque partie de séquence. Je ne crains pas de manquer d’un fil central, je crois que je le tiens bien ; ce qui m’inhibe c’est la crainte, faute d’avoir suffisamment de notes concernant les premières années de cette analyse, de manquer d’étayage pour soutenir et développer mes idées. A vrai dire, je sais que les notes que j’ai depuis que je revois cette patiente, sont suffisantes pour remplir ces manques ; de plus, je sais que trop de notes risquerait d’affaiblir mes argumentations. Il reste également une trace de crainte devant le « savoir » de quelques auteurs que je finis de lire (et qui me rendent incontestablement service), mais c’est tout juste une trace. Je pense aussi qu’il me fallait franchir ce pas pour entrer dans une véritable élaboration et sortir de cette agréable « rêverie » sur ce travail à venir…
… Comment s’est passé le spectacle de danse… ?
641
Made with FlippingBook flipbook maker