Lettres à Divakar jusqu'à 2005
De plus, il ne me demande rien sauf, si, à quelques reprises, que nous nous revoyons une fois « avant de mourir », et cela je ne le veux pas pour diverses raisons. Voilà. Comme tu vois, quelle importance, là encore ? Pourtant, il y a là une situation inhabituelle qui ne fait pas partie des « évènements » de la vie, mais qui est de l’ordre d’un contact avec une énergie, une force qui ferait en quelque sorte la preuve que le Temps n’est qu’une construction toute mentale. Et je crois que c’est cela, ce contact, qui m’amène à accepter la poursuite de coups de téléphone qui sans cela n’auraient pas un très grand sens. Je m’en rends compte, précisément en t’écrivant ces lignes. … Ça y est : l’hiver rapplique ; après des semaines de temps trop doux et de pluies, suivies de jours ensoleillés et printaniers ; et je suis comme une Dame au petit chien qui devient gâteuse, mais moi c’est avec les arbres, d’abord ceux qui ont été abattus par la tempête, maintenant ceux qui précocement en fleurs vont geler… Aujourd’hui ta « night-watch » ; est-ce toujours à la même heure, du dîner à la minuit ? C’est pour moi un souvenir et une vision très intenses – au présent aux aussi ! Aniela me charge de te dire ses plus affectueuses pensées. Et moi je te dis toute ma tendresse, toujours. Avec toi, Et je t’embrasse bien tendrement pour être celui à qui je peux communiquer ces « aventures » de l’être.
Colette.
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