Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Si Philippe voit un film qu’il a aimé, il a besoin d’y retourner avec nous, etc. Et en même temps, tout cela respire la liberté. Alors, tout est simple, non ? Tellement simple que chaque fois que nous les voyons je me laisse facilement entraîner dans quelque projet ; or, c’est cela justement, qu’après coup, je regrette un peu. Pourquoi ? Ce regret n’est pas justifié. Un peu comme si, soudain, j’étais prise d’une forme de rigueur qui m’est à vrai dire étrangère, et me reprochais de céder à la facilité. Cela ne tient guère debout. En tout cas je sais que j’ai dit à René l’autre jour, avant son départ : « N’en fais pas trop avec les avocats !... » A quoi il m’a répondu : « Rassure-toi, je te comprends très bien… ». Si je ne savais pas que les choses sont complexes, je parierais que tout a commencé dés le début, lorsqu’ils sont en quelque sorte venus vers nous, et que j’ai redouté la « surenchère » habituelle de René, ce … grossissement qui me met mal à l’aise ; et d’ailleurs, sachant bien qu’il y aurait d’emblée, avant même d’entrer en relations, ce tutoiement pour moi trop familier, j’ai dit et continue de dire « vous » à Philippe et Ulrich (un comble d’une certaine manière, Ulrich ayant dit un jour à René combien il aimait notre vouvoiement). En fait il y a de l’ego dans tout ça, je parle du mien, dont je flaire la présence lorsque je ne peux supporter ce que j’appelle la surenchère de René, dans la mesure où elle ne laisse place à personne d’autre qu’à « lui-même en train de surenchérir ». Il doit y en avoir, mais là j’en suis moins sûre, lorsque j’ai
besoin d’établir une certaine distance face aux démonstrations, fussent-elles toutes simples, des sentiments. Franchement, je ne comprends pas très bien.
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