Lettres à Divakar jusqu'à 2005
dis qu’instinctivement ces êtres s’attachent à ceux qui ont ce besoin d’évoluer ; c’est tellement ça, et cela me permet de beaucoup mieux, et de beaucoup plus simplement, directement situer ce que je voyais le plus souvent comme des contradictions – ce qui m’amenait d’une certaine manière soit à minimiser, soit à douter de ce besoin. Le voilà donc parti depuis vendredi soir, comme un enfant pour sa première classe de neige, mi-content, mi-refusant ; et cet état, jusqu’à maintenant, parait se maintenir : il ne sait pas pourquoi il est là-bas, dans un lieu trop « riche », trop organisé ; néanmoins il semble toujours désireux d’y retourner avec moi, une semaine à Pâques. … Je réserve une petite chronique pour la lettre que je t’écris après-demain… Souvent il est d’usage de terminer d’élégantes lettres par la formule « dans l’espoir de… » ; alors je te dis, « dans l’espoir de votre entente, le frigidaire et toi… ! »… Plein de tendresse,
Colette.
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Mercredi 24-2-88
Aimé,
Autant ce n’était pas facile de laisser René à l’hôpital, à quoi s’ajoutait la fatigue des visites quotidiennes avec, au bout du bras, un paquet à l’aller un autre au retour, autant ces quelques jours de solitude me reposent. Non que je sois fatiguée, pas du tout, mais repos quand même. Et puis j’en profite pour me créer de bonnes habitudes : le soir, un yaourt et des fruits.
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