Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Le moment culminant : le Sacre du Printemps ; et puis le Boléro, avec son danseur étoile Jorge Donne. Seul moment difficile, tout un tableau sur une musique de Boulez… danser sur cette musique est quasiment impossible, je veux dire que toute harmonie profonde ne peut qu’en être absente, il y avait cette musique d’un côté et une danse de l’autre… D’autre part… les danseuses sont moyennes, comparées aux danseurs, chez qui on sent un aboutissement, un accomplissement ; le travail que demande Béjart s’adresse- t-il plus spécifiquement aux hommes, par préférence ou par nécessité ? Quant au public, occupant sans la moindre place libre la plus immense salle que j’aie jamais vue, c’était … une participation stupéfiante : on était tous pris dans un même élan. Et j’étais ravie, car je suis sans doute très partiale : je ne peux pas supporter ce délire constant des publics de « mélomanes » dans les concerts, tandis que là je sentais un public, non pas de « spécialistes », mais de gens faisant une expérience beaucoup plus directe (qui me parait comprendre une spiritualité beaucoup moins … sophistiquée ; mais encore une fois j’admets que je puisse être injuste en affichant ainsi mes préférences !)… … Cette nouvelle pour la situation légale d’Auroville est formidable ! Et même s’il y a des résistances – il y en aura sûrement -, la voie s’ouvre qui pourra être reprise. Mais comment en sont-ils venus là au Gouvernement, grâce à quelles influences ? J’espère que les angles s’arrondissent pour Aruna qui, en fait, doit depuis toujours souffrir de « quelque chose » qui me parait se traduire souvent par une rigidité intérieure difficile à franchir… … A mon tour de te dire que tes remarques à propos de René je les comprends très bien ; mieux même, elles sont lumineuses, et en particulier elles touchent juste lorsque tu

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