Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Vendredi 5-2-88

Aimé,

J’ai reçu ta gentille, gentille lettre de ta « night-watch » du 27 entourée de chevaux et de chats ! … Pour Auroville, cette crise de direction et d’orientation dont tu me parles n’est-elle pas plus apparente encore à cause de ce 20 ème anniversaire, qui doit souligner certains décalages, certaines distorsions entre pratique et … « théories », elles-mêmes décalées par rapport aux aspirations ? Quant à Aruna, moi aussi je souhaite que cela se « passe bien »… ; où va-t-elle aller, j’aimerais le savoir pour éventuellement lui écrire normalement, naturellement – ce ne serait guère naturel à mes yeux de ne plus lui écrire, comme si votre situation pesait, et déterminait nos relations… … En fait, c’est parce que je sens bien que cette clarté que j’aime est en elle assez problématique, que je me pose ce genre de questions, et que je te les pose en te demandant ton avis… Quant à tes relations avec Susan… je m’amuse à imaginer, en attendant le mois d’août, habitudes ou non de la vie quotidienne… ! étonnement devant le ciboulot des êtres humains : je t’ai souvent raconté les émois de Suzanne chaque fois répétés (ces gens qui l’ont emmenée à Bombay pour lui voler son argent, le sac à main oublié à l’aéroport pourvu que ça ne recommence pas, ces asiatiques affalés et impolis dans l’avion, le caddy, et j’en passe…) ; et voilà que l’autre jour elle me dit : « c’est drôle, moi qui ne suis pas d’un naturel angoissé, j’ai pleuré toute la journée hier… ! »… … J’ai donc remis de l’argent à Suzanne il y a trois jours… Que je te fasse partager mon amusement et mon

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