Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Je t’ai écrit combien je comprenais les raisons que tu développes pour souligner la non nécessité personnelle d’un voyage en France. Et je continue de les comprendre, et, à la fois, d’émettre une réserve quant à l’une d’elles : « si moi je viens, il n’y a que moi, et l’infime quantité de Ça que je suis capable de manifester sans trop de déformations : ce n’est tout de même pas pareil… ! ». Pas pareil et, en même temps, pareil, si ; ou plutôt, pareil autrement, d’une autre manière. C’est toi avec ce que tu diffuses, nécessairement, forcément, de « Ça », et que tu ne peux pas ne pas emporter, apporter ; c’est toi avec ta manière propre de le porter en toi, qui est là, présent, même à travers toute déformation. C’est tout cela – toi et Ça – qui entrerait en contact… je dirais complémentaire, du contact intérieur souvent actif dont tu parles… Comprends-moi bien : je t’exprime ces réflexions en pleine liberté, la mienne s’adressant à la tienne. C’est un échange. Et ce sujet, ample sujet dont je viens de te parler – ce rapport au Ça et au Lieu où il se manifeste le plus fort -, j’ai très envie que nous en parlions quand je reviens en août. En tout cas, si nous reparlons un jour de ta venue en France, je ne te dirai plus quelque chose comme « ça te fera du bien de … », mais en rapport avec un besoin pour moi que tu y sois. (Et une fois de plus je t’ai beaucoup de gratitude pour me l’avoir proposé au cas où je serais triste de devoir attendre jusqu’au mois d’août…) … Ici et là, et cela fait plaisir, quelques voix plus conscientes… : interviews de Foucault, de Glucksmann, un article assez bouleversant sur Glenn Gould, et son propre rapport à la musique et au divin… Un bon déjeuner, hier, plein d’air et de force, avec Gaby… Nous partons le 7 aux Prévôts, une semaine… il y a encore des tempêtes, moins violentes heureusement ; n’empêche, que se passe-t-il sur cette terre ?!
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