Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Jeudi 28-1-88
Aimé,
Imagine-toi, ces jours-ci, je me sens sonnée, lente, intérieurement, extérieurement ; pas du tout une impression désagréable, mais celle d’une détente… Cela dit j’ai hâte de savoir que tu as reçu ma dernière lettre et que nous sommes sortis des atermoiements, incertitudes, etc. … Que je te mette au courant. Dimanche Christiane m’a appelée : Jacques Henri ne va pas bien du tout ; récemment il a fait une chute ayant occasionné, comme très fréquemment chez les personnes âgées, une fracture du col du fémur ; on l’a opéré, cela s’est bien passé ; il était même déjà en rééducation, lorsqu’une escarre au talon dont il s’était pourtant plaint sans qu’on le prenne au sérieux, s’est aggravée ; nécessité alors d’une seconde opération sous anesthésie générale ; d’où il ne sort pas ; confusion mentale, refus de s’alimenter ; on le nourrit avec des sondes. Catherine, la femme de Guy, qui est médecin, essaye en accord avec Francis, Christiane, Guy, de convaincre l’entourage médical de ne pas s’engager dans l’acharnement thérapeutique, de respecter ce qui, au fond de la confusion mentale, est un choix, et de le laisser, à 91 ans, doucement et paisiblement aller… … Donc, je me suis mise à réfléchir à l’un de tes 5 points … à propos de ton éventuelle venue en France ; je n’y ai d’ailleurs pas réfléchi comme ça, avec intentionnalité - ce dont je vais te parler s’est présenté à moi, faisant pression, et c’est alors que j’y ai « réfléchi ».
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