Lettres à Divakar jusqu'à 2005

la fois seul dans un hôtel, et sans être isolé, Philippe et Ulrich séjournant non loin de là . J’avoue que ces 10 jours de solitude pour moi vont me reposer, après ces mois difficiles ; besoin d’une décompression ; je vais même propose à Odile d’aller chez elle en Auvergne. Je vais ranger, lire, travailler, marcher, dans le silence… … Oui, tu me donnes un grand coup de main, d’épaule, de conscience. Et j’ai très, très bien compris ta position ; et jamais, en aucun cas, je n’hésiterai à t’appeler en cas de besoin. Jamais. J’ai dit à René ce que tu lui suggères : écrire. Il y est sensible. En fait, comme tu sais, il a écrit – voici longtemps déjà – des aphorismes ; qu’il a corrigés, recorrigés, m’a donnés à corriger, qu’il a fait lire entre deux portes à tel ou tel, puis qu’il a abandonnés, repris, fignolés, ré abandonnés. Pour l’heure il écrit quelques pages en vue d’un Colloque en mai, organisé par Bessis, avec un philosophe, un physicien, un théologien, etc. Thème : le Soi et le Non Soi. René est sollicité, mais il veut exprimer ses désaccords… Il se met alternativement à écrire avec excès jour et nuit, puis laisse tout tomber en s’appuyant sur des paroles de sagesse pour dénoncer la vanité de toute écriture… Voilà ! Cependant, il tient à ses aphorismes et je l’ai beaucoup aidé à les formuler, à dire vraiment sa pensée… On va voir… … Je prends ta main très fort, ou mets très fort la mienne dans la tienne, et on marche. Tendresse,

Colette.

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