Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Ta lettre… j’ai envie de l’avoir dans mon sac : un rappel pour moi-même, pour le travail que je vais avoir à accomplir. Je t’explique : donc, René a commencé à être malade depuis 2 mois en réalité (et il devait préparer depuis longtemps cette grave sténose – resserrement – des coronaires). Puis il y a eu les premières crises, suivies d’une dizaine de jours d’épuisement, puis l’hospitalisation ; et cet examen qu’il a abordé calmement, courageusement, et qui a réussi. Des jours difficiles pour lui, et pour moi, d’attente ; des choses émouvantes, gentilles aussi. Il est très gentil. Mais : depuis hier le cap dangereux est passé, il a bonne mine ; plus de maux de tête… et aussitôt réapparaît son impatience : « tout, tout de suite », comme me disait Odile à déjeuner ! Et je pense que la violence, malgré encore une fois son extrême tendresse et gentillesse, n’est pas loin. … C’est là que m’attend un travail, dont je sais bien qu’il me sera profitable : deux choses, ne pas réagir au quart de tour… et d’autre part ne pas me laisser avoir par une sorte de rumination en moi qui fausse plus ou moins la réalité entre nous. Pour ce travail, je ne peux faire mieux que m’appuyer sur ta lettre, sur tant et tant de nos dialogues, et puis te parler de mes difficultés si j’en rencontre. … Pas de voyage en Inde pendant plusieurs mois de réadaptation… et il ne faut pas qu’il soit seul… Donc… voyage retardé ! (J’avais projeté de venir début février). J’assumerai ce retard avec énergie et douceur ; avec, dans ma trajectoire, le chemin, le Même… Et puis, avec le désir que tu sois fier de moi… ! Ce n’est pas fini : durant toute cette période, René a eu deux tourments, ne pas me quitter, et te revoir. « Je ne veux pas mourir », m’a-t-il dit avec une grande décision.

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