Lettres à Divakar jusqu'à 2005

certaines lois privées, du genre « il faut, je dois, dois faire une heure de marche, dois faire ma série de mouvements, dois … etc. ». Et puis, tout a fini par s’ajuster, par s’assouplir, mes marches sont dosées, et je fais tels mouvements dont je sens exactement le besoin, mais toujours celui de la respiration – et voici que souvent dans la journée j’ai de grands mouvements respiratoires, spontanés, soudains. Voilà pour le travail physique. Néanmoins je devrais maintenant passer au stade suivant. Ce n’est pas facile, c’est sûr : ce que je souhaite faire c’est à partir d’un cas, comme on dit, où ce qui m’intéresse est le mode de pensée qui en est un élément assez déterminant, passer à l’aspect « seconde analyse » puisque c’est le cas de cette patiente avec moi ; et voir ce qui reste dans l’ombre dans bien des « premières » analyses – les questions qui ne sont pas abordées, etc. ; ceci me ramenant aux dialogues que nous avons eus il y a deux ans, et à propos desquels j’ai déjà rédigé pas mal de choses. J’aime bien, et je lis bien, ce que tu m’écris sur l’état de conscience d’un enfant et son besoin d’apprendre à être. Je crois que là aussi, suivant ce que tu m’écrivais par ailleurs, il faut chercher à harmoniser cet état, en quelque sorte retrouvé, avec sinon l’actuel tout entier, mais avec certaines de ses manifestations, non ?! … Tout à l’heure, à 18 heures, la réalisation d’un rêve de plusieurs années (s’il ne pleut pas) : survol dans un petit avion de quatre places du Mont Saint Michel, de toute la baie, de Saint Malo, etc. Quant à l’autre, j’en suis encore au stade des notes, mais beaucoup plus nourries, rédigées.

Jeudi matin

… Un petit avion, guère plus grand que notre Renault… minuscule case confortable toute entourée de vitres.

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