Lettres à Divakar jusqu'à 2005
gravité, ou de chronicité, ou d’inertie, ou, dans les autres cas, le degré d’intuition, de mobilité, de « compréhension » dont ils font preuve. L’un d’eux ; juste avant les vacances, qui sent bien que son analyse n’a plus de raison de se poursuivre (11 ans celui-là), m’a dit : « Maintenant que je vais beaucoup mieux, il n’empêche, moi je vois bien une psychanalyse à vie parce que ça m’intéresse, ça me fait penser à beaucoup de choses… ! » Justement, il est temps qu’il découvre les choses seul ! Bref, je considère que j’aurai assez de travail avec les patients qui me resteront, et je ne remplacerai pas ces places vides. Et je pense que c’est ainsi que s’orientera Gaby. Le rythme plus vrai de ma vie quotidienne pourra enfin voir le jour ; j’ai pu prendre la vraie et pleine mesure de l’anomalie, cachée sous l’intérêt du métier, d’avoir 11 patients par jour, comme ça a été le cas longtemps ! Façon d’avoir une vie quotidienne où toute autre activité – une marche par exemple – venait comme « contredire » en effet la recherche. Je peux aussi réfléchir à la manière, éventuelle, de trouver d’autres rythmes dans ma pratique elle-même, comme tu le suggères ; mais déjà, comme Gaby d’ailleurs, je prends certaines libertés par rapport à l’orthodoxie : deux séances par semaine au lieu de trois ou quatre, et même j’ai une patiente qui vient d’Allemagne chaque fois et que je ne vois que deux séances consécutives tous les quinze jours… Et j’ai envie, vraiment, « d’essayer des choses, de marcher », comme tu me le dis ! … Tu sais, j’apprécie beaucoup qu’il y ait pour toi, dans mon « glissement », un aspect créatif et évolutif. Je partage cela. Pour le reste, il y avait peut-être les autres aspects que tu évoques ; mais alors il faut ajouter que j’étais exaspérée, depuis plusieurs jours, tendue, par l’histoire des flacons dont
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