Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Alors nous réalisâmes que nous étions assis tout près d’un groupe de plantes que j’avais plantées là pour le nom que Mère avait donné à leur fleur, « Tapasya », dont le fruit, visible et mûr à cette saison, est éminemment toxique et peut causer la mort s’il est ingéré en quantité suffisante (Datura). Je plaçai ainsi son fauteuil de manière qu’elle puisse saisir les fruits, et elle se mit de suite à les absorber. Je me retirai. Rapidement elle devint inconsciente. Quand les autres s’aperçurent de ce qu’elle avait fait, bien que les raisons furent évidentes, certains eurent de tels scrupules qu’ils insistèrent pour la transporter à l’hôpital de Jipmer pour tenter de la sauver ; mais elle quitta le corps avant d’y arriver. Néanmoins ils continuèrent jusqu’à l’hôpital au cas où il serait possible encore de la réanimer, ce qui valut au corps de Diane M. de subir une autre, finale indignité : la loi indienne, en cas de suicide, stipule qu’il est obligatoire d’effectuer une autopsie. Le lendemain, son corps et celui de Janaka furent placés dans l’une des salles de « Ravena » pour que tous puissent leur rendre hommage ; puis nous les enterrâmes tout près de là, entre la hutte et la demeure presque achevée.
***
Samedi 8-11-86
Aimé,
Hier reçu ta lettre du 17, au retour des Prévôts…
… (A propos d’une cousine résidant à Marseille qui a récemment envoyé un appel à Colette) … Tu as une bonne mémoire ! Oui, c’est Pierrette, la cousine ; pas belle du tout mais un visage en effet gentil, marqué par une certaine intelligence, une finesse. Cela me frappe que tu me dises d’être « attentive », et je suis curieuse de savoir à quoi tu fais allusion et, tout à la fois, il me semble le percevoir. Je vais te dire : cela ne m’ennuie pas d’aller à Marseille dans la mesure où je n’y resterai que 48 heures, et que son appel
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