Lettres à Divakar jusqu'à 2005

est de toute évidence sous-tendu par l’idée qu’elle approche de la fin de sa vie. Les meilleurs souvenirs que j’ai d’elle remontent à l’époque où elle était étudiante à Paris et où toutes les trois avec ma mère nous nous amusions bien, entre autres de toutes les aventures qu’elle vivait dans sa tête. Ensuite nous nous sommes très peu vues. De sa part à elle envers moi, toujours une grande jalousie mêlée d’une certaine affection pour « la petite » de dix ans sa cadette, et dont elle s’occupait lorsque nous vivions à Marseille. Par la suite s’est ajoutée une critique basée sur ma façon de vivre, à l’opposé de ses principes, valeurs, etc. Nous nous sommes à une époque violemment heurtées par lettres. Est-ce cela qui, à mon corps défendant, a enlevé du naturel en moi lorsque j’ai eu l’occasion de la revoir, et que tu aurais perçu ? En tout cas, j’irai cette fois en toute assurance et tranquillité. Avec la curiosité de voir certaines photos qu’elle a dû sûrement garder : j’aimerais vérifier si mon – notre – grand- père était bien cet homme de grande allure dont j’ai gardé le souvenir, et si ma tante avait bien ce séduisant et curieux visage de chinoise… pas aussi belle quand même que Lucienne ! Tu me diras à quoi tu penses à travers ton impression. J’irai vraisemblablement à Marseille le 6 et 7 décembre. Gérard : les nouvelles que j’ai pu glaner de Suzanne (même les communications téléphoniques sont presque impossibles) sont que ces semaines dans le désert l’ont fatigué, qu’il rentre le 28 novembre, à Paris d’abord, puis à Auroville… et que Fabienne qui devait l’attendre à Delhi va maintenant le retrouver à Paris, et qu’Ina, à Auroville, cherche à récupérer la maison de Dana… C’est donc une vraie salade, du moins à entendre !...

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