Lettres à Divakar jusqu'à 2005
C’était ainsi plus facile pour nous de voir ensemble chaque étape du travail, et cela simplifiait la tâche de Johnny – « Janaka » -. Cependant il commença de montrer des signes d’une fatigue inattendue et inexplicable, accompagnée de vertiges, de gonflements des jambes, etc. Après quelques semaines, il lui devint de plus en plus difficile de s’occuper de Diane M. physiquement ; il n’eut plus la force de la porter. Je dus alors le remplacer une partie du temps, puis trouver de l’aide qui soit compréhensive et efficace. Diane M. avait initialement beaucoup souffert dans les quelques hôpitaux où elle avait dû séjourner, et avait choisi éventuellement de s’en remettre à Mère directement pour tout, quoiqu’il arrive ; elle ne voulait continuer de vivre que dans une atmosphère où le travail de Sri Aurobindo et de Mère était une priorité partagée et absolue. Janaka de même avait développé une grande réticence envers la médecine allopathique et elle et lui ne consentaient à une aide extérieure que si elle était inspirée par Mère, ou au moins ayurvédique. Nous dûmes pourtant éventuellement faire venir quelques docteurs, mais la cause du désordre physique affectant Janaka demeurait incompréhensible. Bientôt la situation fut telle que tous deux devenaient également dépendants de la bonne volonté de leurs amis… Puis la condition de Janaka empira. Diane M. dut enfin accepter qu’il soit transporté à la clinique de l’Ashram, où il reçut tous les soins possibles et fut relié à une machine qui opérait à la place de ses reins, en octobre 1986. Il quitta son corps dans la nuit ; je l’avais laissé quelques heures plus tôt, inconscient, c’était le tour de garde de Larry. J’étais rentré me reposer à Sincérité – j’avais organisé une rotation également auprès de Diane M. Je n’eus la nouvelle que tôt le matin suivant. Lorsque je retrouvai Diane M., plusieurs personnes étaient déjà là et elle m’attendait – il n’y avait qu’avec moi qu’elle pouvait parler librement. Elle me demanda de la porter dans le jardin à l’arrière de la hutte, à l’écart des autres. Sa décision était prise, entière : elle ne resterait pas ici, dans ce corps, un poids pour les autres, elle suivrait Janaka sans tarder. Elle me demanda alors de la porter jusqu’au bord du canyon et de l’y laisser, avec une bouteille de kérosène et de quoi l’allumer, afin qu’elle puisse se brûler et se jeter au bas de la falaise. Je ne pouvais accepter.
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