Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Que pouvait-elle faire d’autre ? Il était son corps. Enfin il doit y avoir d’autres choses à comprendre, à apprendre, et tu me diras certaines d’entre elles plus tard, quand cela te sera possible. Et ton projet de finir la construction, c’est très vrai, très beau. (Sera-ce réalisable matériellement ?) Je suis sûre que tu la mèneras de toute façon jusqu’à une harmonie.

… Les Prévôts sont paisibles. Il fait beau, on marche, la mer est belle.

… Une chose à ajouter, pour que tu me donnes ton sentiment, et que j’ajoute parce qu’elle ne me semble pas déplacée parmi les pensées dont je veux témoigner en communion avec l’évènement de Ravena : Tout à l’heure René me parlait un peu d’un livre qu’il a hâte que je lise et qui lui apporte de grandes satisfactions, presque une jubilation : d’un jeune philosophe dont la pensée correspond, me dit René, à sa propre pensée… Et il me cite, donc, ces mots de cet auteur : « Le présent, c’est l’éternité »… Isolés de tout un contexte, ces mots m’ont fait sursauter, et voici ce que je me suis entendue dire : - « Je ne suis pas d’accord, cela me semble une fuite, un abus, une manière de remplacer une illusion – les religions – par une autre… et même, je dirais, un scandale… ! » - « Pour le scandale, je suis d’accord avec toi » (ah les revirements de René) « et je te dirai en quoi je critique ce livre », me répond René ; et je continue : - « L’éternité, tu comprends, de cette manière-là, qu’est-ce que j’en ai à foutre ! S’il parlait, au lieu de présent, de Présence, alors oui. La présence

contient le présent, le passé, l’avenir, c’est l’humain dans sa marche et ses possibilités de dépassement… ! »

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