Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Colette.

***

Samedi matin 25-10-86

Aimé,

J’éprouve le besoin, là, non pas de passer le moment de ces quelques lignes avec toi, mais d’extérioriser ce fait que je suis constamment avec toi, avec « là-bas », avec vous, dans mes rêves, mes journées, à ma première pensée du réveil. C’est Klara qui m’a appris cela, le visage bouleversé, jeudi. Elle le savait depuis le dimanche mais n’avait osé me téléphoner… J’espère que tu as reçu mon télégramme… Beaucoup de pensées, de suppositions, de plans et d’ajustements me traversent. Mais pas de mots suffisants pour dire ce que j’éprouve, ce que je vois – seulement un silence de communion. J’attends ta lettre, lorsque tu pourras l’écrire, comme tu choisiras de le faire. Juste avant de partir hier pour les Prévôts, ta lettre du 17. De manière curieuse, je suis soulagée. Par cette paix qui en émane. Et puis par cette réalité qui me semble soudain plus vraie : ce que Klara m’avait transmis était une erreur (« suicide de Janaka ») ; pendant des heures j’ai été obsédée par la même question : « et Dianika ? »… Dianika seule… !? Maintenant que les choses sont en quelque sorte rétablies dans leur vérité, je comprends le geste de Dianika, et mes pensées vont vers ce « couple » uni côte à côte, dans la grande maison et au pied de l’arbre. Jeudi après-midi, les Prévôts

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