Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Aimé,

… Je pense et je ressens que ta réponse au sujet de ce genre – comment nommer ça après tout ? – de trouble oui, que j’éprouve physiquement à l’arrivée ici, trouble du corps et d’un certain niveau du mental, ou une certaine zone de celui-ci, que ta réponse, donc, est très importante. Pour être sûre d’être sur le bon chemin, une question : est- ce que tu veux dire que si je suis très consciente du sens profond et de la valeur de mes déplacements – c’est-à-dire essentiellement de mes retours à Sincérité, mais aussi de mes retours actuels en France - … (et comme je pense en être consciente, dois-je plutôt envisager une conscience plus ample, ou même plus « dominante », plus maîtresse d’elle- même et de la situation), si cela acquiert de la sorte de plus en plus cette valeur de base dont tu parles, l’identifie à celle-ci : les troubles dus à ce passage abrupt entre atmosphères, contextes, lieux si différents, celui dû également à ce fameux décalage horaire et au mouvement terrestre, seront mineurs ? Que, surtout, ils seront libérés d’une « interprétation » mentale quasi inconsciente, qui en sourdine leur prête main forte ? Il me semble aussi qu’une question essentielle est celle que tu évoques, et à laquelle je ne prête pas attention dans de tels moments : la confiance du corps. Il y a quelques jours j’ai téléphoné à Suzanne pour avoir des nouvelles de Gérard : elle en a peu, et uniquement lorsqu’elle arrive à l’obtenir au téléphone. Il est donc toujours dans le Sud (du Soudan) et Suzanne croit comprendre qu’il va essayer de terminer son contrat pour bénéficier d’un mois de vacances payé ; autrement dit il rentrerait vers la fin janvier, et ils projettent de se retrouver à Bombay, Suzanne songeant à venir à Auroville en février et mars…

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