Lettres à Divakar jusqu'à 2005

… J’ai encore beaucoup pensé à toi tout récemment en voyant à la télévision l’un des contes de Maupassant, parmi les plus saisissants … ; en une heure, voici un film qui dit et montre, mieux que tous les textes, tous les articles, toutes les analyses, ce qu’est la misère d’une famille paysanne – plus précisément ce qu’est la misère sociale, c’est-à-dire jusqu’où elle atteint l’être, là où on ne peut plus distinguer le vrai du faux, le « bien » du « mal » ; et tous ces petits films montés dans des paysages (le pays de Maupassant, la Somme) qui sont une perfection de sensibilité… Un peu dans la même veine, un film remarquable tiré du récit d’un immigré algérien… Tu vois, je pense que le cinéma, quand il sait réunir toutes les qualités dont il peut disposer, peut être un « outil » irremplaçable. D’autant plus que beaucoup d’acteurs ont fait des progrès assez stupéfiants souvent… … Notre Terre, dis-moi, semble de plus en plus en bonne voie pour régler radicalement le problème de la démographie : les guerres ça ne suffit pas, les catastrophes des usines nucléaires vont y pourvoir… - je ne sais s’il faut croire entièrement les articles sur l’inéluctabilité de tels accidents ?

Mercredi 14

Ça y est ! Reçu tout à l’heure par la poste une grande enveloppe contenant toutes ces … « petites choses » que tu

m’avais annoncées ! Et je suis comblée !

Le joli mot tendre dans la jolie enveloppe, l’image de Mère que j’aime, et ta peinture … dans sa nette et forte harmonie (adossée sur la cheminée contre un livre, elle est devant mes yeux et m’apporte concrètement le symbole d’un profond horizon) – et ce châle !!... franchement, ces couleurs, ces nuances, toutes ensemble ainsi, et si

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