Lettres à Divakar jusqu'à 2005
totalement miennes d’emblée… çà ! La soie elle-même est d’une substance assez rare : quelle beauté ! Et puis ta lettre ; et ton texte ! Je l’ai lu deux fois, et vais le relire encore. Je suis extrêmement contente que tu aies rédigé cela et que tu l’aies envoyé à Jean Daniel. Impossible évidemment de prévoir ce qu’il en fera ; « au fond d’un tiroir » ? je ne le crois pas… Je pense qu’il sera certainement touché, en lui-même, par ce texte, ou bien alors c’est que je me tromperais sur cet homme. Je trouve que tu poses clairement, directement, les problèmes essentiels. Toute « utopie » (puisque tu évoques cette notion), lorsqu’elle est porteuse de vrai, est en avance sur son temps ; en l’occurrence, - et tu le montres bien – ce n’est pas sur le temps que tes propositions sont en avance, mais sur les consciences… J’apprécie beaucoup le rapprochement fondamental que tu établis entre le monde et l’individu, son corps, son unité. Et ce que tu dis sur l’Inde est vraiment utile. Sur l’argent aussi. (Il me semble qu’à l’occasion c’est un texte que tu pourrais adresser plus tard à Pisar) Une chose peut-être à quoi il faut réfléchir : il n’est pas sûr que même un homme évolué comme on peut supposer que l’est Jean Daniel ait une juste représentation de cette « évolution » terrestre dont tu parles, d’où tu pars. Je ne suis pas certaine que là où se meut Jean Daniel, que dans tout ce que sa pensée brasse, il y ait assez d’espace pour mesurer la présence de cette évolution. Je me trompe peut-être mais je crois que c’est une chose qu’il ne faut pas hésiter à développer, à démontrer pour bon nombre d’intellectuels, même les plus sensibles. Une question : lui as-tu communiqué ton adresse ?
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