Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Et mieux ça passera pour le lecteur psychanalyste. Tu as bien fait de me dire cela, car je perçois en moi cet arrière-plan de timidité, de demie mesure. Pour Chantal : en fait ce brassage psychiatrique n’avait donné aucun résultat (je suis d’ailleurs convaincue, en me plaçant de mon point de vue quotidien, qu’un psychiatre non analysé est soit inutile, soit nocif). Mais récemment on lui fait prendre un médicament spécifique de certaines dépressions : le lithium, une substance chimique qui manque chez certains déprimés. En général cela donne de bons résultats. Mais je me rends mal compte en ce qui concerne Chantal ; Francis disait récemment que, pour la première fois, il l’avait sentie présente. Mais je me méfie un peu, car elle était devenue délirante et très violente, si bien que toute différence doit être très sensible pour son entourage. D’autre part je me demande si ce vide que tu as noté dans sa lettre n’était pas déjà là, en elle, avant tous ces symptômes ; précurseur, peut-être ? (Jean Yves, ça m’a frappée, m’a dit que la dernière fille de Chantal est « méchante et violente »). Ceci dit, il faut à mon avis que tu lui répondes, sinon cela risquerait de la troubler… la peur d’être exclue…

… Je t’embrasse fort, fort,

Colette.

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Lundi 12-5-86

Aimé,

Un petit moment avec toi par écrit…

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