Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Duchesne, ni Paul n’en reviennent : une aberration qui, parait-il, m’exposait à « toutes les infections » dans un pays chaud… ; on a mis ça sur le compte de l’âge et de la fatigue de ce médecin, au demeurant très gentil… Alors voilà ; je réfléchis à ça, et à moi aussi, sur un certain plan… Et puis, il y a deux jours, ta seconde lettre. Tout ce que tu m’écris sur la suite de ta lecture de « Moksha », m’aide considérablement. J’attends d’avoir fini ma propre lecture, mais déjà je peux dire que toutes tes remarques me font travailler. Je me sens extrêmement libérée, comme si je sortais d’une longue période à la fois très pesante, embrouillée, obscure. Et cela tient à la place – enfin – qu’a désormais pour moi la psychanalyse, grâce à tes précisions, et à ta façon de la situer et de la comprendre. Pendant des années j’ai pensé : « dommage que les Aurovilliens n’aient pas fait d’abord une psychanalyse » ; et en même temps j’avais l’impression que je forçais un peu les choses, je ne me sentais pas à l’aise, rien de clair ne sortait de mon … acte de foi. Jamais il ne m’était venu à l’idée ce que tu m’écris : à savoir que cet outil pourrait être utile et utilisable seulement après un autre travail. Je suis pleinement, et avec un tel soulagement, d’accord avec toi lorsque tu dis qu’en aucun cas cette connaissance qu’est la psychanalyse ne saurait contenir cette autre connaissance plus centrale et plus vaste. J’ai aussi éprouvé une satisfaction en lisant dans « Moksha » les analogies avec la psychanalyse, et les niveaux où celles- ci ne peuvent plus exister ; ça clarifie ce que je ressentais : certaines intuitions basées sur ce que je pouvais percevoir sans jamais pouvoir le situer vraiment. J’apprécie également beaucoup ce que tu me dis de la nature et de la place de toutes contingences quelles qu’elles soient.

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