Lettres à Divakar jusqu'à 2005
a des évidences, des mots évidents, absolus que, en tant que tels, on laisse inertes, ils se suffisent à eux-mêmes. Il y a ce que l’on sait, le rapport des choses entre elles, par exemple, mais que précisément ce savoir empêche en réalité de voir et de mouvoir. Rapport : bien direct, mais aussi indirect par emplacement, recouvrement, déplacement. Alors, « vivre », oui : mais où, comment, selon quoi, avec quoi ? « Crise », mais en relation avec quoi, par rapport à quelles aspirations, quelles exigences, quels vœux, dits ou non-dits, évidents ou cachés, écartés ? Je me souviens de notre conversation lors de notre déjeuner à Madras en février : une part de toi vit, dans les conditions actuelles d’Auroville, au-dessous de tes possibilités, de tes exigences, de tes besoins de toujours. Quelque inconvénient que cela représente, il me parait utile de donner à ce problème sa juste mesure afin de ne pas dévier vers d’autres problèmes en poussant leur poids… J’aimerais qu’on parle plus amplement peut-être de cela ?...
Je suis attentivement avec toi. Tendrement,
Colette.
***
Les Prévôts, Dimanche 3-11-10
Aimé,
L’automne entre, doré et rouge, par les fenêtres de ta chambre et, en bas, la pelouse couverte de feuilles mortes éclaire le carrelage.
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