Lettres à Divakar jusqu'à 2005
L’automne aussi, tout à l’heure dans la forêt qui, seule, descend jusqu’à la mer à Chateauserein.
Hier c’était les rochers des Ebihens couverts d’une mousse verte et rousse. Qu’est-ce qu’on a vu encore ? Des envols de canards sauvages, des mouettes par centaines et aussi une colonie de grands oiseaux migrateurs ayant élu domicile sur une plage abritée et qui ne cessaient de se parler, organisés par petits groupes avec leur chef attentif à chasser tout intrus venu du groupe voisin ! … Dimanche dernier je suis allée avec René et Paul écouter la conférence du psychanalyste indien… ; j’ai passé une matinée merveilleuse, le mot n’est pas trop fort. Il est agréable, doux, très intéressant, très averti de la culture occidentale – il a entre autres étudié et fait son analyse en Allemagne -, il est « resté » tout à fait indien. Ce qu’il a voulu nous dire et nous montrer c’est notre tendance à penser que nos concepts sont universels, et combien certains de ceux-ci sont marqués par notre culture. Ce qu’en un sens on savait bien, mais les exemples qu’il a donnés, issus de sa propre culture, ont été très éclairants. Il a écrit un livre que je viens d’acheter et en prépare un autre (il vit à Delhi). Chose remarquable : ce livre a été accueilli par un psychanalyste de « chez nous » (l’Institut) qui dirige une Collection « Confluents Psychanalytiques », alors qu’il a été refusé par toutes les grandes maisons d’édition de psychanalyse ! Depuis dimanche je projette une lettre à Alain de Mijolla (ce psychanalyste, donc) ; j’ai envie de reprendre ce qui a été dit par le conférencier et par une ou deux personnes manifestement émues par ce qu’il disait. Envie de lui dire qu’il ne faut pas en rester là. Je dois, ces jours-ci, voir vraiment ce que je veux par cette lettre, et puis aller de l’avant d’une manière ou d’une autre.
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