Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Comme nous disons, un « cas » difficile (et qui plus est… adressé par Green !), ou, plus précisément, un « borderline » : l’une de ces personnalités proches de la psychose, extrêmement projectives, qui mettent à épreuve le psychanalyste, plus que jamais obligé d’être attentif à ses réponses – conscientes et inconscientes -, au transfert, surtout inconscient, de ce type de patients. Et de surcroît, chez ce patient-là, une intelligence particulièrement vive, prompte à saisir les nuances, les souffles, les mouvements, ainsi qu’une fine connaissance de la psychanalyse. Bien que sa propre analyse marche vraiment bien, qu’elle touche à sa fin, et malgré le fait qu’avec lui j’ai fait du bon travail, il m’arrive encore de redouter quelque peu les séances. Je le vois les lundi, mardi et samedi ; ayant décidé de reprendre un mercredi, je me suis dit que pour lui cela allait faire une semaine de plus à ajouter aux vacances. A vrai dire, je craignais tout bonnement sa réaction, et j’ai tergiversé : oui, non ? Cela créait manifestement un petit conflit et j’étais mécontente qu’une partie de moi m’ait en quelque sorte forcé la main en optant pour cette faveur que je lui faisais ! (Drôle de faveur que je me suis faite à moi !) Et bien sûr je laisse ici de côté, sinon je remplirais encore des pages, tous les éléments qui entrent en jeu dans cette relation difficile avec un patient tel que lui. Conclusion. Dans chaque paragraphe j’ai souligné ce qui peut constituer un indice – chacun ajouté aux autres ayant fort bien pu provoquer un trouble de conscience. Tous ces indices sont vrais, justes, exacts. Pourtant, je suis convaincue (comme tout bon psychanalyste d’ailleurs) que tout n’est pas à psychologiser, psychiser, psychanalyser…
445
Made with FlippingBook flipbook maker