Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Naturellement, tout ce que je dis là, ce sont les pensées qui doublent les autres, mais qui ont l’avantage énorme de révéler tout le latent, et donc de favoriser le travail de conscience ; et par conséquent, de me libérer de regrets – à la fois sûrement illusoires, faux, anachroniques – et me pousser à intégrer certains faits et à regarder devant. Et comme tu le dis merveilleusement, à promener mes questions avec moi. Et ma chute ? Belle occasion, à ne pas manquer, de te proposer une recherche, celle qui me vient spontanément selon la « méthode » que je connais le mieux, le plus pratiquement dirai-je, la méthode psychanalytique. Illustration à chaud, concrète, de ce que peut être la « prise de conscience », dans ce dialogue qui est nôtre, et où tu pourras souligner concrètement, éclairer, ce qu’est le travail de Conscience – me montrer « la disjonction, le voile, le mauvais pli, le manque d’unité »… Les faits d’abord. L’escalier quand même : un condensé de ce qui peut être un escalier dangereux, et où je suis la énième personne à m’y être cassée la figure ; toutes les marches usées au bord et formant un creux, si usées et patinées qu’elles sont en pente ; si l’on veut éviter ce centre inconfortable on se rapproche soit de la rampe, mais là les marches sont particulièrement étroites, soit de l’extérieur mais là les marches trop larges cassent le rythme de la descente. A quoi s’ajoute le produit glissant que la concierge utilise pour briquer l’étonnant objet. Bref, on s’y fait, on tient la rampe. C’est ce que je fais depuis longtemps, sauf ce mardi-là, où de plus j’avais gardé des sandales à semelles si usées par mes marches qu’elles étaient elles-mêmes glissantes – semelles de cuir et non de corde que j’ai aussi beaucoup utilisées en Bretagne et dans les Cévennes ; sans compter
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