Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Voici ce que je pense ce matin, c’est-à-dire le résultat aujourd’hui du travail, soutenu par tes lettres, encouragé par elles. - Cette nécessaire et désirable mutation a provoqué un état de crise (de l’économie, du dynamisme internes). Mutation sans doute plus importante, sinon même plus réelle, que toutes les précédentes qui se sont effectuées par glissement plutôt. - Et j’ai aussi cette impression très imagée : c’est comme si de ce bouillonnement s’évaporaient un à un tous les éléments parasites, pour laisser émerger sinon le, mais l’un des éléments constitutifs du trouble : car à trois reprises ces derniers jours un nom m’est venu à l’esprit au moment de l’endormissement puis au moment du réveil : « Green », avec naturellement l’accompagnement qui n’avait aucun besoin d’être formulé et dont je t’ai maintes fois parlé – regret, etc. Or je sais parfaitement que je n’ai qu’à lui téléphoner et je reprendrai place dans le groupe – mais je n’ai pas envie du tout de le faire, ou en tout cas pas maintenant. Peut-être lorsque je serai plus avancée dans mon travail d’écriture – qui m’amènera d’ailleurs vraisemblablement à de nouveaux besoins (qui sont déjà là). Non. Ce que tout cela me dit c’est qu’il me faut extirper de moi, non pas Green et ce qu’il m’a apporté, mais tout ce truc obscur qui contribue à une « fixation », ces symboles que sa personnalité suscite (je ne suis d’ailleurs pas la seule à m’y être laissée prendre, mais comme chacun je suis unique dans ma manière d’y avoir répondu). Il y a aussi autre chose qui m’est apparu clairement : il est plus que probable que le fait de l’avoir suivi pendant près de 15 ans (c’est-à-dire depuis mes débuts dans la profession) a couvert une marginalisation par rapport à l’Institut, m’a donné… bonne conscience. Et d’avoir interrompu le fil avec lui, c’est comme si j’avais coupé tous les fils.

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