Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Mardi 15-10-85
Aimé,
Alors voilà. Je suis très frappée par ce que tu me dis de mes drôles de phrases ; si en effet l’une des lectures que tu me proposes, à savoir : « ce qui ne peut manquer de m’arriver si je lâche ce point de référence et de sécurité », ne me parait pas correspondre à mes pensées latentes, il n’en reste pas moins que le seul fait que tu me la proposes, cette lecture, est preuve d’une imprécision révélatrice de mes phrases. Et si tu avais raison dans cette traduction de mes pensées latentes après tout ? Je suis également frappée par tout ce que tu me fais voir de ce chemin : un même fil, une étape qui ne soit ni divorce ni déchirement, c’est-à-dire l’image de mes préférences de tout temps : le lien, tu sais… Alors tout se passe comme si j’avais oublié ça en route, ces temps-ci. Et puis il y a ce mot que tu utilises : une « mutation », qui est encore plus fort, et qui me sollicite beaucoup, que j’approuve, sur lequel je peux m’appuyer. Une mutation : qui entraîne, qui brasse le passé et ouvre sur un « plus »… Alors ? Alors j’essaie de bien comprendre ce qu’il y a eu dans cet incontestable bouillonnement, dans cette sorte de barbotage récent. Je ne voudrais pas que, du fait qu’un travail s’effectue, où les choses, non plus « s’arrangent », mais s’ajustent, prennent place, bougent, - un processus de renfermement ait lieu.
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