Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Des chaînes de monts couverts de forêts, et soudain arides. Végétations assez claires qui donnent à ce pays un aspect accueillant. Très peu peuplé, quelques villages ou plutôt des hameaux, très beaux, et de petites villes pas belles – comme souvent dans le Midi… … Aujourd’hui nous avons été à pied jusqu’à « notre » Mas Soubeyran, ce qui représente deux heures, et tu sais j’ai fait beaucoup de progrès. Je disais à René qu’après un certain temps, cœur et respiration semblent prendre davantage de place… et il m’a répondu que chez les sportifs c’est bien connu, ça s’appelle le second souffle ! Alors, tu vois ! Aujourd’hui au Mas, c’était une sorte de pèlerinage annuel (on dit qu’il y a 20,000 personnes chaque année) ; nous avons eu la curiosité de voir ça. Et bien crois-moi, tu vas rire de mes découvertes sans doute ! Je ne sais ce que je m’étais imaginé des protestants car, de certains individus (protestants ou catholiques) on peut à coup sûr penser beaucoup de bien. Mais là ! Déversée par des haut-parleurs qui résonnaient dans la montagne, la voix d’une petite cruche bien-pensante parlant des « bons » et des « méchants », et les bons qui seront reconnus par Dieu, et les méchants… mais pourtant aimez- vous les uns les autres, et tous ils chantaient en chœur, assis près de leur pique-nique. Une morale insidieuse et terrifiante. Et tout ça pour rendre hommage à ceux qui ont été massacrés ; je me disais en revenant qu’il ne faut décidément pas s’étonner que les massacres se perpétuent ! C’est terrifiant et en même temps d’une incroyable absurdité ! Quel bienfait, quelle joie, quel apaisement alors de lire, comme je l’ai fait aussitôt, « La Ressource Humaine ».

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