Lettres à Divakar jusqu'à 2005
m’émerveiller car, enfin, il y avait dans tout cela une telle conjugaison, une telle organisation entre les formes et les espaces, entre la Nature et l’homme ! Entre les jeux de lumière. Lorsque nous sommes repartis, et pour retrouver la voiture en traversant la gare maritime, je me suis soudain sentie fixée à ces 12 ans ½ d’âge que Francis avait reconnu en moi, et comme une fois pour toutes. Et naturellement, mais vraiment avec humour, un rappel de mon âge véritable (enfin, disons véritable physiquement) s’est formulé, avec mes préoccupations de la journée autour de mon proche avenir ! Ce n’est pas exceptionnel en moi, et sans doute en chacun de nous, ces sortes de catapultages entre temps vécus, temps réels – et où est le Temps dans tout cela ?! On se croit le jouet d’illusions, alors qu’il n’en est rien. C’est le même émerveillement qui se manifeste, présentement ; et d’ailleurs ne dit-on pas en psychanalyse qu’il n’y a pas de temps dans l’Inconscient – Subconscient ? Je m’aperçois que ces rapprochements ne sont pas sans intérêt : à la moitié de ma vie, Francis me reconnaît ces 12 ans ½, l’âge que j’avais lorsque je passais l’été à Saint-Malo, et où je dîne six décennies plus tard… ; « hasards » qui se retrouvent entre la rue Notre Dame des Champs où j’ai habité de l’âge de 8 ans à 17 ans, et la rue Campagne Première sa voisine… Drôle de coexistence, cette sorte de fixité, avec cette fréquente évolution tout au long de ma vie, et que tu me rappelles dans ta dernière lettre… Il me semble que cela se traduit de plusieurs manières dans mes réactions profondes.
Dimanche
Au fond, tout cela, tu sais : eh bien tout à l’heure, non loin des Ebihens, lieu propice apparemment à certaines
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