Lettres à Divakar jusqu'à 2005
(Il me semblait à l’époque qu’il était nécessaire que Colette, pour son propre bien-être et son propre cheminement, s’organise de telle manière qu’elle puisse venir et rester à Auroville pour de plus longs séjours, libre de la contrainte astreignante de ses « patients », et donc je l’encourageais à graduellement se retirer de cette activité particulière…)
… Je t’aime et t’embrasse si fort,
Colette.
***
Samedi 17-8-85
Aimé,
Hier soir on a dîné dans un curieux restaurant, nouveau, bâti contre les Ecluses à Saint-Malo. Que le menu soit recherché ça n’importe vraiment pas – et d’ailleurs je n’apprécie pas tellement. Mais son cadre ! Rien que de larges baies vitrées, entourées par la mer. Et au-delà : à droite les remparts de la ville, en face la rade, et plus loin la côte, et à l’horizon le Cap Fréhel. La nuit tombait peu à peu ; et je voyais, cachés par la jetée mais laissant juste passer le haut d’un mât éclairé par une petite lampe, les bateaux rentrant au port ; quelquefois les gros Condors, de retour de Jersey ou Guernesey, quelquefois de frêles petits navires ; tandis qu’au loin, avec l’illusion créée par le crépuscule, se détachaient sur le ciel d’immenses voiliers … c’était comme un merveilleux théâtre de marionnettes, juste éclairé par les rayons venus droit du soleil se couchant derrière les nuages. Ce n’était pas cette Beauté que j’ai du mal à supporter, mais un émerveillement ; et je sentais que j’avais besoin de
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