Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Lundi 15-7-85
Aimé,
Ta lettre du 27 avant-hier (on était ensemble ce jour-là !)
Cette réponse que tu donnes à mes questions réveillées par « La Vie sans Mort » arrive vraiment à point, c’est-à-dire pour mes vacances aux Prévôts. C’est bien que j’aie toute cette période pour méditer sur ce que tu m’écris. Déjà, il y a deux de tes expressions qui ont, d’emblée, touché juste : mon « point de paresse », et … le « ronronnement » ! C’est à la fois comme si je découvrais et reconnaissais quelque chose là qui m’accompagne depuis toujours ! Et j’ai tout de suite remarqué combien j’ai laissé de côté un aspect important je crois : j’ai été dés le départ vivement intéressée et fixée sur le fonctionnement du mental en train de ruminer ou brasser ou organiser, approfondir, encadrer, compartimenter, réduire les pensées et les … « choses de la vie ». Jamais je n’ai été consciente de sa présence et de son activité (en fait également réductrice) au cours de ce que tu appelles mon ronronnement, où tout semble couler de source en quelque sorte. Du coup je découvre que c’est beaucoup plus difficile que je l’imaginais de cerner, d’appréhender le travail du mental, et de reconnaître, de s’y reconnaître entre son excès de pouvoir et sa nécessité ; de savoir en faire un allié et non un complice, ou un adversaire ; de savoir le détourner d’un travail répétitif – au service soit de forces « anti » soit d’agréables … ronronnements ! – pour le mettre sur d’autres voies… Autre chose qui va m’aider en me sortant d’une espèce de règle, comme ça, qui m’obligeait à n’aborder tout livre qu’à la 1 ère page, et à attendre d’avoir tout le temps nécessaire à sa lecture complète.
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