Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Autrement dit, il m’apparaît que cette croyance reste seulement une croyance et non une intime conviction. Elle reste au dehors, inemployée, désincarnée. Ce qui est en soi regrettable, mais il me semble que cela a de subtiles répercussions : j’ai la nette impression que, faute d’agir dans cette direction, alors on est trop fixé sur les conflits, même pour les critiquer… il y a un auto entretien ; et cette passivité est en fin de compte compensée par une activité mentale très soutenue, alors qu’une véritable action peut, au contraire, permettre une vraie et bonne distance. Je sais bien que Barbara s’adresse à moi, qu’elle voit peu ; et qu’elle a besoin de me parler de tout cela, d’échanger avec moi sur ce sujet, sentiments, impressions, avis, etc. ; car, ce n’est pas rien tout cela, pour un ou une Aurovillienne authentique. Moi-même je prends tout cela à cœur – indépendamment de ta propre situation. Cependant j’ai l’intention d’insister sur cet aspect des choses avec Barbara en Bretagne. Car j’aimerais calmer quelque chose là, en elle, et la voir se tourner un peu ailleurs ; il me semble qu’une femme comme elle pourrait avoir une influence éclairante. (Mais peut-être faudrait-il qu’elle travaille en elle-même sur son rapport à la « demande », c’est une impression que j’ai, comme ça…).

Voilà mon petit bavardage de mon bureau, à côté de ma pierre blanche.

T’aime,

Colette.

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