Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Mardi 9-7-85

Aimé,

Juste un petit complément à ma lettre de samedi. Quelques réflexions qui me sont venues après coup, et je n’aime pas ne pas te communiquer tout de suite ce qui me vient comme ça à l’esprit… surtout, n’est-ce pas, lorsque je trouve que j’ai de bonnes idées ! Après coup donc, c’est-à-dire après le départ de Barbara. Et c’est vraiment très bien qu’elle vienne en deux fois, qu’il y ait une pause, le recul nécessaire qui laisse le tri se faire, qui laisse monter à la surface ce que le flux des propos risque d’éloigner sinon d’étouffer. … J’ai été frappée par ce que j’ai cru découvrir, à travers nos dialogues sur cette question qui me tient à cœur, tu le sais, à savoir la « bonne » action, efficace (type ta récente réaction), opposée à la « mauvaise » passivité, à l’inertie, etc. Je me suis alors rendu compte combien, même Barbara était encore soumise à de vieux modèles d’action (même non violente) du genre : les Aurovilliens ne sont pas prêts, supposant par là qu’ils ne seraient pas assez nombreux pour… Alors j’ai vu là un décalage profond (et j’en ai un peu parlé à Barbara) entre cette vieille attitude et la croyance à l’efficacité de l’évolution d’une conscience, d’un corps, d’un individu, sur d’autres consciences, corps, individus, là-bas, ailleurs, loin… - cette transmission à distance, pourquoi pas là, tout près ?! En fait, autant je pense qu’en certaines circonstances, celles d’Auroville par exemple, l’évolution solitaire est bien insuffisante, par contre l’évolution de quelques personnes serait très efficace (et justement pas un groupe « organisé »).

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