Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Ils viennent donner aux sentiments de la veille une amplitude et un prolongement dont on sait qu’ils sont justes, et qu’il faut être à leur égard dans une écoute attentive. Il s’agit, disons d’un « point de vue » que j’ai déjà eu l’occasion de t’exprimer dans les mêmes circonstances, et le fait qu’il revienne aujourd’hui avec cette netteté lui donne du sérieux, et m’incite à te le re-communiquer sans attendre. … « Partir, rester… », je comprends que cela tourne en toi, je sais ce que tu penses et supportes (faute de pouvoir réellement, physiquement me mettre à ta place, je n’ai que les mots, toujours et encore ces mots, vrais, « je sais »). C’est une réaction bien naturelle… Cependant je crois que, dans l’immédiat, ce serait dommage si je puis dire de « leur » donner ce pouvoir sur toi en partant, de leur reconnaître, tout simplement, un tel pouvoir. Tu as raison, c’est la même soif que pour ceux de l’Ashram, exactement la même. Et, comme toujours dans ces cas-là, ils ne peuvent supporter d’autres qu’eux – sauf une population passive. Tu sais, je ne cherche pas ici quelque éloge à te faire, sur ta personnalité face à eux, je ne manque pas de te dire, « cherche, travaille »… Seulement là aussi il faut voir la réalité, et la réalité c’est le vrai pouvoir intérieur, la qualité que tu as développée qui est, précisément, l’antithèse du pouvoir de ces gens. Dieu sait que je suis favorable à l’idée que tu partes un jour prendre l’air…, que tu fasses des rencontres, que tu te promènes, vois d’autres femmes, que, je ne sais pas, tu fasses tel travail… - et c’est là, à mon avis, que tu pourras faire un choix beaucoup plus libre. Pour savoir, aussi clairement qu’il est possible, où tu dois être après ces 15 années, ce ne peut être en réponse en quelque sorte à des Juges dont le totalitarisme ne fait aucun doute !

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