Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Darr, je me suis trouvée quasiment nez à nez avec sa voiture sortant du garage. Quelques mots rapides et chaleureux dont ceux-ci : « Non, je ne peux pas retourner en ce moment à Auroville, je ne comprends pas et je n’accepte pas ce qu’on fait à Divakar. J’aime Mère et Aurobindo, mais je reste ici… ». Je ne sais quoi ajouter, je voudrais, je ne sais pas, faire l’impossible pour qu’au moins tu puisses en toi-même cerner les choses, et ne pas les laisser déborder. C’est suffisant comme ça ! Et, quant à rester ou non à Auroville, ce ne peut être à des Aurovilliens de régenter ce que tu ressens. Je sais : c’est dur de faire comme s’ils n’étaient pas là, mais, en plus, cette « section des fanatiques » n’est qu’une section, non ?!
Tout cela c’est scandaleux, bien sûr tu le sais !
… Il me reste à t’embrasser et à t’accompagner dans ton courage – et aussi dans tes, ta certitude, toujours vivante.
Colette.
***
Samedi matin 8-6-85
Aimé,
… Il y a les pensées et les sentiments du moment, qui s’expriment avec leur vérité et leur intensité propres ; ainsi ma lettre d’hier. Et puis, il y a les lendemains, au matin – et tu sais l’importance du matin sur la clarté de mes pensées !
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