Lettres à Divakar jusqu'à 2005

spécifique inhérent à quelques personnalités qui, elles, prennent appui, précisément, sur cette passivité générale. Je crois d’ailleurs que si Diane a pris cet appui, cela a d’abord été pour pouvoir réintégrer sa communauté, et c’est peut-être maintenant, en partie, par crainte de se déjuger auprès de certains de ses amis. L’argument central de ma lettre est donc cette « rencontre » que je tiens pour essentielle, et d’où me parait découler ceci : c’est qu’en agissant contre toi, à l’aide des arguments tirés de ce courant (forme de passion, mais aussi manière de régler de vieux comptes en elle-même), elle agit sans le vouloir contre Auragni, contre Auroville, et de la sorte contre elle-même. Alors que sa liberté, c’était de se séparer de toi si elle le jugeait nécessaire, cet acte, lui, l’enchaîne. Je ne manque pas de faire appel à sa sincérité, à ses possibilités d’amour, de douceur, d’intelligence (dont elle doit sans doute tirer une certaine tranquillité grâce à l’ascendant qu’elle lui permet d’avoir à mon avis sur un certain nombre de ses « amis »). Longue lettre : 8 pages. Le temps en effet de développer tous mes arguments, de revenir sur quelques-unes de mes impressions passées, sur certaines de nos conversations (notant au passage combien j’ai souvent ressenti que nous aurions pu être proches, et combien je pense encore qu’une part d’elle-même peut très bien partager certains de mes points de vue) ; et aussi de désamorcer (je le crois utile) de façon très nette, très ferme, très explicite, ses anciens a priori qui pourraient encore l’amener à craindre – et à juger – que je la « psychanalyse » ou que je la « juge » ; espérant ainsi que nous parviendrons à être ensemble sur un plan de sincérité et de cœur… Voilà.

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