Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Mai 1985

( Ajouté en dernière minute : Depuis, j’ai reçu ta lettre du 26, puis celle du 1 er , à laquelle je réponds tout de suite. Alors, tout cela peut paraître un peu dépassé… Je te l’adresse telle quelle quand même, car je pense que tout ce que je te dis ci-dessous est tout à fait vrai, valable ; plus que jamais en fait.)

Aimé,

Pardon de te mettre, peut-être, dans l’embarras, mais voilà : en attente, tapée à la machine, une longue lettre qu’après mûres réflexions j’ai écrite à Diane. Un jour, à Sincérité, je t’avais dit, un peu sur le ton d’une question, mon intention de lui écrire ; tu m’avais alors répondu : « fais ce que tu veux », que j’avais entendu comme une manière de dire, parfaitement simple et compréhensible, que tu ne tenais pas à le savoir, ou bien que tu ne tenais pas à savoir quand, ni comment. Et je n’avais pas écrit cette lettre. Crainte d’accroître les difficultés, sûrement. Mais aussi, et c’est aujourd’hui que je m’en rends compte, parce qu’elle n’était pas suffisamment mûre en moi comme elle l’est à présent : c’est-à-dire une lettre qui ne reste pas au stade d’une protestation, ou même d’un appel si profond soit-il à un changement, mais qui soit un appel à la conscience. Si aujourd’hui je me décide à passer outre ton ancien souhait de n’en rien savoir, c’est qu’entre temps beaucoup de choses et de conflits se sont accumulés en Auroville qui peuvent t’amener à maintenir, ici, tes réserves à l’égard d’une action aussi directe.

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