Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Attendre d’avoir « évolué » me parait injuste (pour lui et pour toi) et injustifié ; un mouvement vivant, c’est cela : accepter de dire de là où on est, en mouvement justement. Et je me demande même si, parmi les choses que tu veux changer en toi, il ne devrait pas y avoir précisément ce désir d’avoir changé avant de t’exprimer ; s’il ne se mêle pas à cette exigence vis-)-vis de toi-même quelque chose qui serait moins « pur ». Ce que j’exprime là est valable pour Pisar, mais aussi pour d’autres choses. Je ne sais pas si je me suis bien exprimée, en tout cas dis- moi ce que tu en penses. Pour ta Princesse. Sans doute faut-il attendre d’autres signes que ceux que tu avais notés après ta lettre (quels genres de signes d’ailleurs ?). Je me demande, étant donné surtout que Diane, en fait, est à mon avis dépendante aussi de son entourage, et que vous n’êtes pas seule à seul, si tu ne devrais pas faire au moins participer quelques personnes à tes interrogations sur ce qu’il convient de faire. Il me parait utile que tu crées autour de toi un climat qui, nécessairement, ira son chemin ; un courant qui, je le crois, est en train de naître (en même temps que Janaka et un peu avant). Enfin : je suis en train de t’écrire une lettre pour te dire que je viens d’en terminer une très longue à Diane, et qui est en attente, pour t’en indiquer le contenu. Bien sûr, ça ne te fera sans doute pas sortir de tes doutes actuels. Mais, un peu plus tard peut-être, et de toute façon je ne saurais te cacher l’existence de cette lettre, de son contenu, de son projet.

... T’aime,

Colette.

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