Lettres à Divakar jusqu'à 2005
Mardi 7
Alors, j’ai reçu ta lettre écrite avant celle que m’a portée Suzanne. J’ai lu, relu, et je pense et réfléchis à ce que tu appelles un « discours inattendu » - tout ce que je t’ai dit sur la nécessité, à certains moments, d’agir. Non seulement je comprends, mais j’aime et je t’aime de penser ce que tu penses, d’être ce que tu es, de m’écrire ce que tu m’écris. Je viens de te dire que je « réfléchis » à ce que tu me réponds. Non pas, bien sûr, afin de savoir ce que j’en penses, mais parce que tu soulèves là les grands problèmes de l’évolution de la conscience et de ce qui peut ou non la favoriser. Ce qui représente le plus profond des sujets de réflexion précisément. En fait, ma position, celle que je t’ai exprimée dans le feu de ma révolte, c’est que je ne supporte pas qu’à Auroville des germes de racisme, etc., puissent, non pas exister puisque Auroville est un laboratoire, un creuset – mais se développer. Et que je me dis qu’une lutte est peut-être possible qui ne soit pas « contre » ; un refus qui, tout en se manifestant, soit au service d’une manifestation de la conscience ?! Il me semble que c’est ce que tu as fait en écrivant ta lettre au Comité, et maintenant en écrivant à Diane. C’est une action ça, tranquille, une manifestation qui – ne fut-ce que timidement – ébranle le système ; et te permet d’attendre en travaillant intérieurement. Pisar. Je vais acheter son livre, je suis sûre que j’en serai heureuse. De toute façon, voici ce que je te conseille très fort : « c’est un frère », alors il faut que tu lui écrives, que tu lui dises tous ces échos en toi, et d’ailleurs c’est la moindre des choses qu’il le sache.
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