Lettres à Divakar jusqu'à 2005

théorie, de n’être pas titulaire… Et je me suis sentie déprimée, inquiète pour les lendemains face à ma décision d’arrêter bientôt, etc., etc. Et puis, le lendemain, ma dépression avait disparu. Sur un tout autre plan, plusieurs signes illustrant ce « décrochage ». La vision amusée du côté saugrenu de cette situation : être assise depuis 20 ans derrière un divan… Cette légèreté d’autre part depuis ma merveilleuse marche le jour de ta Fête ; si tu savais comme je me suis sentie des pieds à la tête, au retour par le Luxembourg, une petite gnougnouffe jamais sortie de chez elle ou du bureau, éblouie d’être dehors à 11 h du matin ! Je me suis dit qu’il était temps que je m’offre ça ! Et sans parler de la rapidité avec laquelle j’ai pu augmenter beaucoup de patients (je parle du prix de leur séance) ! Mais il est temps aussi que je te dise l’essentiel : je compte terminer soit en juillet 1986 ou décembre de la même année, avec une préférence pour cette dernière date. Maintenant que la décision en est claire, cette date me parait une limite absolue, tout en admettant, ce qui n’est nullement incompatible, ces deux éventualités : arrêter avant s’il le faut pour une raison ou une autre ; arrêter après en cas d’un pépin financier lié, soit à une grosse erreur d’appréciation, soit à un effondrement économique en France (toujours plus ou moins menaçant) ; encore que, dans ce cas, tout le monde serait dans le bain et que la clientèle des psychanalystes serait sûrement bien défaillante.

Voilà. Tu dis. T’aime, tu sais,

Colette.

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