Lettres à Divakar jusqu'à 2005
L’autre soir, et pendant trois heures, elle a pleuré, puis ri d’avoir pleuré, puis pleuré d’avoir ri. Hier au téléphone je lui ai transmis ton message, et bien sûr elle a fondu en larmes. Je la vois samedi prochain, elle veut me dire « tout ce qu’elle a dans la tête » ; d’après ce que j’ai pu en deviner, je crains que son délire ne se généralise… Si elle est cependant moins angoissée, grâce aux médicaments légers, à la fois elle est consciente de son délire et elle croit à son caractère de réalité. Ce sont là des processus saisissants et mystérieux (nous, les psychanalystes bien sûr … connaissons ces processus, leur fonctionnement, mais ils restent quand même mystérieux). En tout cas cette conscience qu’elle en a la fait souffrir et j’aimerais bien qu’elle sorte de cela, mais c’est très difficile. Tu sais, je voudrais revenir sur quelque chose que je ne manque pas de te dire chaque année ; je ne sais si c’est là aussi un processus mystérieux – en tout cas il est vaste : c’est cette force, cette puissance, je dirais de « transposition » de moi à Sincérité, par exemple lorsque tu me parles du toit de la maison de Krishna, ou de la main de Samuel. Et finalement, dans la même voie, je réentends les mots quotidiens de René : « qu’est-ce que tu fais ? … moi je vais voir la maison de Krishna ». Et moi de répondre : « je passe chez Barbara et je vous rejoins », empruntant un chemin pour aller, un autre pour revenir. Ainsi les journées sont-elles toujours pleines et variées ! Il y a de toute évidence, cela va de soi, ta présence. Mais il y a à Sincérité – et c’est encore ta présence – un rapport puissant entre les formes et les espaces, c’est peut- être ça les vibrations ; quelque chose qui modifie notre habituelle perception d’un temps fragmenté ; quelque chose de très réel, mais qui, étant encore inconnu de notre conscience, me fait éprouver que Sincérité est « magique » (sans m’en rendre compte je viens de faire une association
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