Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Je vais téléphoner à Madeleine, j’ai tellement peur, dans ces cas là, pour « mes arbres »… !

… Je t’aime, t’embrasse,

Colette.

***

Le 5-12-84

Aimé,

Je tiens à garder la chronologie, importante à mes yeux, de mes sentiments et réflexions…

1) A propos tout d’abord de ta lettre du 27 à laquelle j’ai beaucoup pensé durant les heures suivant sa lecture ; en premier lieu, sache d’une part que si ta formulation n’était pas aussi explicite que celle d’aujourd’hui, il était évident que j’étais la première personne à lire ton texte, et la seule, en attendant que tu me dises tel ou tel de tes vœux – c’est ainsi que je me considérais. D’autre part : en vertu de ce que tu sais – que je suis totalement capable d’être, de me sentir à ta place tout en restant à la mienne (le vrai dialogue, le véritable échange), je puis à la fois parfaitement comprendre que tu dises « cela aussi, continuer à écrire, dépendra un peu, beaucoup, de la réponse », et ne pas être d’accord. Cela ne peut et ne doit dépendre que de ton seul besoin ; c’est lui, ce besoin, que tu dois interroger, dont tu dois prendre chemin faisant la mesure (à travers ta recherche actuelle où prend place ton besoin de peindre). Et heureusement qu’il en est ainsi, sinon où seraient les œuvres célèbres dont les auteurs ont passé outre à tous les refus qu’ils ont d’abord rencontrés ; sans parler des exemples plus modestes que j’ai connus et que je connais.

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