Lettres à Divakar jusqu'à 2005

Ma marche ce matin pour le séminaire de Green s’est encore accompagnée de quelque essoufflement, mais j’espère améliorer cet état avec l’hygiène de vie ! … Organiser ma vie : organiser une solitude vraie ; solitude qui me mènera, je le crois, à être à l’écoute de « l’instantanéité de la Conscience ». Et qui, en un sens, me permet par exemple d’apprécier plus encore le séminaire de ce matin, où s’exprime une pensée assez vivante. incontestablement une femme sensible, la plus attentive de tous les médecins que j’ai connus. (Qu’elle ait un contact intime avec la psychanalyse ne fait aucun doute). Reste, comme tu le penses, qu’il y a le malade « perfectible ». Cependant, c’est assez stupéfiant d’entendre et d’assister à l’exacte reproduction (dans l’immobilisme) de l’entrée en période d’excitation, avec violente négation de tout le passé récent. Sans doute faut-il comprendre, et j’ai toujours tenté de le faire, qu’après tant d’expériences difficiles (où le parkinson, selon la médecin, tient une grande place avec son aspect « dévalorisant »), un « mieux » soit vécu trop euphoriquement. Il retrouve bien des mécanismes habituels, avec une curieuse appropriation : prenant à son compte tel propos qu’il a apprécié chez telle personnalité (politique de préférence), ou allant jusqu’à prétendre qu’il connaît mieux que moi la personnalité d’Auragni… … Ne soyons pas méchante langue, allez… ! Il est vraiment heureux de ta présence durant ces cinq semaines, et du naturel profond d’Auragni. Et puis j’ai fait une telle provision d’autonomie et d’engagement vers l’avant… ! J’ai rencontré lundi la dame médecin pour René. Son pronostic n’est pas très encourageant à terme. C’est

Jeudi 16 mai, 17 h 30

Sur le vif de notre coup de téléphone… Et moi, qui parle de « Moi »… Tandis que tu te débats avec fièvre et toux etc. Ce n’est pas juste.

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